Le XXIᵉ siècle ne sera pas seulement celui de l'intelligence artificielle. Il sera celui de la circulation des récits — et de la capacité des institutions à produire, protéger et faire voyager leurs œuvres.
Les industries culturelles africaines connaissent une croissance sans équivalent dans l'économie créative mondiale. Une génération de créateurs, de producteurs et d'entrepreneurs a fait la démonstration de sa puissance narrative. Pourtant, cette création demeure insuffisamment présente sur les marchés internationaux, insuffisamment documentée, et insuffisamment défendue dans les enceintes où se décident les règles de la circulation mondiale des œuvres.
Cet écart n'est pas d'abord un déficit de talent. Il est un déficit d'appareil : d'instruments de mesure, de données publiques fiables, de cadres juridiques maîtrisés, de compétences en négociation internationale, de représentation dans les instances multilatérales. Ce que les industries européennes, nord-américaines et asiatiques ont construit en cinquante ans reste largement à bâtir pour le continent africain et pour ses diasporas.
L'Observatoire de l'Audiovisuel Africain a été créé pour combler cet écart. Non par un discours, mais par un appareil : produire la donnée, publier l'analyse, former les décideurs, conseiller les institutions, porter la voix du secteur là où se prennent les décisions.
Ce que nous proposons n'est pas un partenariat de circonstance. C'est la construction conjointe d'une institution de référence, dont les travaux serviront à tous ceux qui produisent, financent, diffusent, régulent ou étudient l'audiovisuel africain et diasporique.